jeudi 26 janvier 2017

Un certificat "obsidienne du Mexique"




Il y a quelque temps, une personne m’a demandé si je fournissais un certificat pour les obsidiennes, pour les pièces les plus importantes. Quelque chose qui garantirait aux clients que mes pierres viennent bien du Mexique.
L’idée a fait son chemin et il m’a semblé que cela pouvait aussi être l’occasion d’aller plus loin dans mon projet d’une filière commerciale différente, respectueuse avant tout des personnes.
Cette filière a eu comme premier objectif que les artisans puissent obtenir pour leur travail le meilleur prix possible, que nos relations soient bienveillantes et de confiance et que nous puissions tous grandir ensemble.
Le résultat pour l’instant est que les artisans font pour « Obsidienne du Mexique » de merveilleuses sélections de pierres et que je continue à travailler avec les mêmes ateliers depuis 2011.
Ils savent que je cherche la plus belle qualité d’obsidienne et qu’ils obtiendront le prix demandé pour leur travail. Je leur verse en outre des avances qui vont de 50 à 100% de la commande, leur permettant ainsi de travailler plus sereinement et de prendre eux aussi plus de risque dans l’achat du brut puisque leurs ventes sont assurées.
Si ce certificat peut me permettre de franchir un pas supplémentaire dans ce projet c’est sur la question de la reconnaissance.
Ces personnes travaillent l’obsidienne depuis toujours. Peu d’artisans sont capables de réaliser ces pièces.
Je ne travaille pas encore (je l’espère un jour) avec tous les artistes du Mexique car être fidèle aux ateliers implique des achats réguliers.
Je propose leur travail depuis maintenant presque 6 ans et j’en suis très fière, eux le réalisent depuis bien plus longtemps et personne ou presque ne sait qui ils sont. Donner à chaque artisan la place qu’il mérite me semble donc le pas suivant.

L’obsidienne arc en ciel est devenue ma spécialité. La mine d’où vient la plus belle qualité a été découverte depuis environ 40 ans, c’est donc une pierre que l’on connaît depuis relativement peu de temps. Si la très belle qualité de cette pierre semble avoir été courante il y a 30 ans, ce n’est plus du tout le cas actuellement et il est probable qu’elle devienne de plus en plus rare.
En outre la forte demande favorise certaines pratiques comme l’exportation massive de brut pour être travaillé dans des pays où la main d’œuvre est moins couteuse et où la production est faite à la machine.
Je vais donc faire des certificats pour les pièces uniques non seulement pour garantir que la pierre est bien travaillée au Mexique mais aussi par qui elle a été réalisée ou plutôt dans quel atelier.

La précision de l’atelier me semble importante car pratiquement aucun artisan ne travaille seul. Parmi les tailleurs d’obsidienne il y a une tradition selon laquelle la partie du polissage par exemple, se fait par une autre personne. C’est une étape qui prend beaucoup de temps et qui demande beaucoup de soin, la plupart des artisans ont donc une ou plusieurs personnes qui travaillent avec eux, pour la découpe ou pour le polissage. Il peut s’agir de membres de la famille ou pas.
Une autre habitude est que la femme de l’artisan se charge du polissage. J’espère d’ailleurs un jour pouvoir plus en parler car c’est une participation importante et qui n’est pas vraiment connue.
Donc « élaboré dans l’atelier de : » me semble une bonne formule pour ces certificats.
Derrière chaque obsidienne il y a une personne, un artisan qui y a mis tout son savoir-faire, son art, son talent et le partage avec nous.
Catherine Gilbert
Obsidienne Du Mexique
Janvier 2017



mercredi 30 septembre 2015

OBSIDIENNE DU MEXIQUE AU MUNICH SHOW 2015

OBSIDIENNE DU MEXIQUE 
VOUS PRESENTERA SES PIERRES 
DU 30 OCTOBRE AU 1 NOVEMBRE A MUNICH
 RETROUVEZ NOUS SUR LE STAND B6.328.

mercredi 12 août 2015

Obsidienne du Mexique, et le commerce « éthique ».


Obsidienne du Mexique, et le commerce « éthique ».

1994 j’arrive au Mexique pour quelques mois, le pays me passionne, m’intrigue, j’y resterai 20 ans.
Je travaille dans l’artisanat pendant plusieurs années, ouvre une, puis une autre boutique selon les principes du commerce « équitable ou éthique » car je connais les conditions très difficiles vécues aux artisans pour la vente.
Et puis je commence à travailler dans une ONG locale. (J’ai un peu de mal à utiliser les termes de « commerce équitable et juste » car selon mon expérience ce sont souvent les producteurs qui payent –sont en charge d, mais ce serait le thème d’une autre bafouille)
Mon rôle dans cette ONG ; le développement commerciale de l’activité et la formation de femmes indigènes d’une coopérative dans l’état de Hidalgo. Diversifier leur production, trouver des débouchés,… nous ouvrons une centrale de commerce équitable (sans la certification officielle) « Corazon verde de mis manos a tus manos » (Cœur vert, de mes mains à tes mains) qui regroupent des coopératives de femmes de tout le pays.
2011 : naissance de mon petit garçon, les déplacements permanents dans les communautés indigènes deviennent compliqués pour moi avec un bébé.
 Une personne en France me demande d’aller lui chercher une commande d’obsidienne dans un atelier proche de Teotihuacan, je découvre l’obsidienne, les artisans qui la travaillent et une nouvelle aventure commence.
Je passe mon temps dans les ateliers pour connaître, apprendre des artisans. Ils ont eu beaucoup de patience car je ne suis pas une grosse cliente, loin de là et pourtant ils me montrent les pierres, m’expliquent les qualités, la taille.
Je ne discute jamais les prix ce qui les étonne beaucoup.
Alors ils me montrent des pierres de plus en plus belles et je leur demande pourquoi ils ne vendent pas celles là. Ils m’expliquent que le prix est plus élevé, parfois beaucoup plus, que personne ne veut le payer, que l’investissement de la pierre est trop élevé pour eux pour ensuite devoir donner un bas prix pour récupérer leur investissement et donc perdre. Que la pierre de belle qualité est devenue rare…
J’apprends tout ce que je sais de l’obsidienne avec eux, que la qualité de la pierre est très importante mais que la taille est aussi fondamentale. Il faut bien connaître la pierre, savoir la choisir, la couper,  l’orienter, que cela prend du temps, du savoir faire, il y a beaucoup de perte et le brut est cher.
Et c’est avec eux que je travaille encore aujourd’hui, des artisans de métiers, qui ne font pas de grandes quantités, qui ont de petits ateliers où ils travaillent seuls, souvent aidés de leur femme et parfois d’une personne en plus. Ils prennent le temps de bien sélectionner la pierre, de faire de belles finitions. Leur travail est soigné, fait avec goût.
C’est leur travail que je propose en Europe à travers Obsidienne du Mexique.
Dans les ONG, nous n’avions pas comme premier objectif la rentabilité mais la formation des femmes, ici, il n’y a plus de financements, je suis seule et c’est une entreprise et en plus à l’export. Peut-on travailler de manière éthique et être rentable ? J’en suis persuadée, il faut maintenant le prouver.
L’éthique dans le commerce est je crois tout simplement donner les conditions que l’on aimerait avoir soi-même, rien de plus.
Il s’agit de choses palpables et de beaucoup de choses qui ne le sont pas mais si on tentait d’en définir les principes, cela pourrait donner :
·        Le financement des commandes :
Je finance les commandes selon la demande de l’artisan, ce qui signifie que je paye au minimun 50 % au moment de la commande et jusqu’à 100 %, certains préfèrent avoir l’autre 50 % à la fin et d’autres demandent la totalité au début, il s’agit souvent d’acheter la pierre ou du matériel pour travailler.
·        Les relations de long terme :
Je travaille depuis 2011 avec les mêmes ateliers.
Travailler toujours avec les mêmes artisans  permet, d’améliorer, d’affiner le travail, de nous connaître et de savoir ce que chacun attend. Cette démarche ne favorise pas les petits prix souvent recherchés par les importateurs mais favorise la qualité et peut permettre des changements sur le long terme pour l’artisan. Il peut travailler plus sereinement car il sait que certaines ventes sont assurées, il peut investir pour la production, organiser son travail.
·        Des relations horizontales :
Plusieurs des points qui font pour moi un commerce plus « éthique » sont des choses non palpables, qui font partie d’une certaine « morale », de ce que certains appellent les « principes », de petites ou de grandes choses difficiles à mesurer mais qui sont fondamentales à mon sens. Le type de relations est certainement un des aspects très difficile à décrire mais fondamental, il inclut le respect de l’autre, l’écoute des difficultés rencontrées, la prise en compte des circonstances de chacun,…
En fait quelque chose comme l’opposé de cette attitude qui constitue à dire, « je suis l’étranger (d’un pays riche bien sûr sinon ça ne marche pas aussi bien), je suis l’acheteur, je paye tant et vous avez déjà beaucoup de chance de m’avoir comme client »
·        Le prix :
C’est un point important et à la fois très difficile à définir, quel est le prix « juste » dans un pays pauvre ? Pour connaître les artisans au Mexique depuis 20 ans je sais qu’ils ne donnent jamais un prix élevé.
Les artisans de l’obsidienne ne vivent pas dans la misère mais ne sont pas riches non plus, la concurrence est rude, les acheteurs sont durs sur les prix alors ils ont toujours tendance à donner un prix assez bas pour être sûr de vendre.
Si le prix ne permet pas de vendre la pièce je tente de voir avec l’artisan la manière de changer quelque chose, taille, forme,…qui permette de vendre.

L’idée globalement de ma filière est de penser que tous sont des membres importants, que si je fais ce travail c’est pour en vivre et que les autres membres aussi, que si tous ont de bonnes conditions Obsidienne du Mexique aura des chances de durer, cela va d’ailleurs jusqu’au client final qui sait apprécier une pierre de belle qualité, bien travaillée jusque dans ses plus petits détails, bien enveloppée pendant ses transports.
Beaucoup de choses me déplaisent dans le commerce équitable en tout cas tel qu’il est appliqué, mais l’une d’entre elles est cette idée qu’il s’agirait d’un commerce a part, protégé, que finalement l’artisan, le producteur nous serait redevable de quelque chose, que nous lui ferions une faveur en achetant.
Pour ma part je ne fais aucune faveur aux artisans, je ne prétends pas non plus vendre plus cher parce que la filière serait éthique. Moi je suis la commerciale de la filière mais sans pierre je ne suis rien et ce sont eux qui la travaillent.
Si Obsidienne du Mexique perdure ce sera grâce à tous ses membres et tous devront en recevoir les bénéfices.
J’aimerais penser que l’éthique dans le commerce pourrait, mis à part de  rendre le travail de tous plus agréable être simplement un pari sur le long terme, je vois difficilement comment je pourrais garantir à mes clients la qualité que nous proposons depuis 2011 sans garantir aux artisans de bonnes conditions de travail.




dimanche 2 mars 2014

Petite précision pour les grossistes d’où qu’ils soient.


 

Cela fait maintenant plus d’un an que je n’ai pas écrit sur ce blog mais là c’est une nécessité, alors je m’y remets. Ces deux derniers jours j’ai eu un échange de mail avec un grossiste francais et cela m’a ramené à peu près 6 ans en arrière en me faisant me souvenir d’une petite histoire.

Il y a 6 ans je travaillais encore dans une ong avec des coopératives de femmes indigènes et nous étions en train d’ouvrir une Centrale de commerce équitable, dans ce contexte nous allions visiter d’autres coopératives pour leur expliquer le projet et les inviter à nous rejoindre.

 Nous étions à l’une de ces réunions et comme toujours à la fin les femmes de la coopérative interviennent et souvent  remercient de la visite. Ce jour là, une vieille femme s’est levée et a raconté ce que la coopérative lui avait apporté à elle et aux autres femmes mais surtout  elle a raconté cette histoire :

Il y a longtemps elle avait fait des broderies (je ne connais pas le nom en francais du type de broderie mais de celles qui demandent beaucoup beaucoup d’heures de travail) et était allée à la capitale pour les vendre, dans un magasin « élégant » elle les avait proposées.

Le responsable ne voulant pas payer le prix demandé par cette femme il lui avait fait la proposition suivante ; calculez le prix de votre tissu et celui du fil et 1 pesos de plus et je vous les achète toutes.

Je ne me souviens plus de la fin de l’histoire, si cette femme avait accepté cette offre ou non mais je me souviens avoir eu envie de pleurer ce jour là comme aujourd’hui d’ailleurs en y repensant  et avoir eu ce sentiment de rage et d’impuissance.

Pourquoi je m’en suis souvenu aujourd’hui ? Et bien parce que l’offre de ce grossiste ressemble tristement à l’offre de ce responsable de boutique « élégante ».

 Avec la promesse de gros volumes d’achat, cette « petite personne » (selon l’expression d’un artisan) me propose un prix d’achat qui suppose que je cherche des artisans dans une situation tellement désespérée qu’ils soient disposés à vendre des cabochons au prix de la pierre brute. Et cela doit se trouver…le Mexique est un pays pauvre où les gens vivent au jour le jour. Il suffit de chercher quelqu’un qui ait sa femme ou son enfant ou un ami ou voisin,à l’hôpital par exemple (au Mexique on se ruine aussi pour ses amis et ses voisins) et face aux frais qu’il ne peut pas couvrir,  il sera évidemment disposé à vendre son travail au prix du brut et 1 pesos de plus, peut être même 1 pesos de moins.

Alors, à cette « petite personne » et à tous les grossistes, négociants en pierre de France et d’ailleurs j’aimerais en l’honneur de cette vieille femme que j’ai connu il y a 6 ans et de tous les autres artisans,  faire cette précision, je n’ai jamais été très riche et ne le serai jamais, j’aime mon travail et j’adore travailler avec les artisans Mexicains, mais le jour où pour vendre ces pierres je devrai utiliser vos méthodes je changerai immédiatement de travail.

 Vous avez vraiment frappé à la mauvaise porte, vous représentez tout ce que je déteste et méprise. J’aime le commerce, je suis tombée dedans toute petite mais  j’ai toujours pensé et le penserai toujours que l’on peut faire du commerce de manière éthique. J’aime que mes clients soient heureux quand ils recoivent mes pierres mais aussi les artisans quand je leur passe une commande.

Mon occupation actuelle est celle de négociante en obsidienne mais c’est du fait des hasards de la vie et des rencontres, un métier temporaire, mon métier permanent est rêveuse et occasionnellement révoltée.

 
J’ai choisi de faire des obsidiennes haut de gamme, on peut aussi choisir de faire des pièces plus commerciales mais dans les deux cas cela à un prix, celui de la pierre et celui du travail des artisans. Les artisans ne vivent pas dans la pauvreté mais ce ne sont pas non plus des gens riches, il y a un prix en dessous duquel on ne paye ni leur travail ni leur savoir faire, c’est le prix de la nécessité, de la misère.

 Je me plait à penser que j’ai de belles pierres  parce que j’ai une bonne relation avec les artisans mais c’est aussi parce que je paye la pierre, le travail, le savoir faire et j’espère un peu plus.

En fait j’ai dû me tromper, ce type de personne n’existe certainement pas…il avait certainement oublié un zéro dans sa proposition, et puis qu’importe, demain on part aux ateliers voir les artisans, mathieu va se taper la cloche dans notre petit resto de village habituel et nous reviendrons avec plein de merveilles.
 

dimanche 4 novembre 2012

Obsidienne oeil céleste en argent 925

Voila les dernieres nouveautées, notre gamme d'obsidienne oeil céleste en monture argent 925.
Avec des pierres évidemment très séleccionnées comme toujours dans les 3 qualités que nous proposons, 1, 2 et 3 étoiles et plusieures montures et nous continuerons évidemment à créer de nouveaux modèles.















 

vendredi 19 octobre 2012

mardi 2 octobre 2012

Pièces déco semi brut

un long silence et beaucoup de travail, des voyages aux ateliers de plus en plus souvent, de belles pièces, de nouvelles rencontres,...plein de nouvelles aventures que vous pouvez aussi suivre sur mon face book Obsidienne du Mexique. Comme par exemple l'histoire de cet artisan "disparu" (à la mexicaine) depuis 1 mois et demi  pour cause de ....comment pourrait on dire en francais...ici c'est reventon, ce qui pourrait se traduire par fête mais ce n'est pas vraiment cela, ou alors seulement le partie alcoolisée ( et très ) de la fête. Enfin le fait est que dans ces cas la, le téléphone ne répond plus, les commandes non plus évidemment et il vaut mieux être patient et avoir des opcions anexes, c'est le Mexique, il faut toujours prévoir des options anexes, tout mais vraiment tout peut arriver ici. C'est quelque fois ce que je déteste et aussi ce que j'adore ici, sutout les explications ensuite, elles sont incroybles d'imaginations et pleines d'humour et finalement "no pasa nada" . Enfin pour pouvoir apprécier cet humour il faut avoir passé quelques années ici, avoir appris la patiente, avoir des options de secours parce que beaucoup de gens deviennent fous et renoncent.
Enfin en tout cas voici quelques petites pièces de décoration en semi brut. Et prochainement un grand lot de pièces suprême et bien sûr je continue a chercher la pièce rare,...demain peut être!